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Suicide Squad : Maman, ils sont où les méchants ?

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Je vous retrouve aujourd’hui pour ma critique de Suicide Squad que je suis allée voir hier. Inutile de s’attarder sur l’histoire, vous n’avez certainement pas pu échapper au matraquage médiatique dont a bénéficié ce film : les pires méchants de l’univers DC Comics réunis pour affronter une menace que nul autre ne pourrait contrer. Dire que ce film est une déception est assez faible, je vous explique pourquoi.

 

J’aime quand une équipe assume un parti pris. J’ai beaucoup aimé Deadpool pour ne jamais avoir laissé de côté son aspect déjanté et subversif. J’ai adoré Mad Max Fury Road pour cette hystérie collective maintenue tout au long du film. D’une autre manière, j’aime beaucoup Fast And Furious qui ne souffre pas d’un complexe d’infériorité en assumant sa vision de A à Z. Alors quand on me promet un film sur une équipe de méchants, dont certains sont carrément des psychopathes, je m’attends à voir un film avec une équipe de méchants, dont certains sont effectivement des psychopathes. Ni plus ni moins. Sur ce point, les premières minutes de Suicide Squad partent plutôt bien. Mais à 30-45 minutes j’ai déjà l’impression qu’on a laissé beaucoup sur le bas-côté. Les méchants ne sont plus si méchants, certains sont même en quête de rédemption quand ils ne se font pas dézinguer dès leur première scène. Au trois quarts du film arrive la scène du bar, et à partir de ce point on tombe dans le schéma traditionnel des films de super héros. Alors qu’on nous promettait du super méchant. Non, non, non et non les gars !!! Je voulais du chaos, être mal à l’aise face à la folie, voir à quel point certains peuvent être impitoyables, pas un Avengers. J’aime beaucoup Avengers mais là ce n’était pas le sujet ! Donc oui, quand on me promet pendant des mois un film outrancier et qu’au final on retourne sa veste, je suis déçue. Très déçue. Et c’est sans parler du Joker. On en parle du Joker ? Allez on y va !

 

Je ne connais pas réellement la culture DC Comics, tout comme celle de Marvel d’ailleurs. Je vais voir les films qui sortent au cinéma et pour la plupart je les apprécie beaucoup, mais il m’est impossible de citer des personnages qui ne seraient pas apparus dans les films ou de connaître l’histoire dans sa globalité. Néanmoins en ce qui concerne les méchants de cet univers une chose est sûre : quand je regardais le dessin animé lorsque j’étais jeune les méchants de Batman me mettaient mal à l’aise, voire me faisaient carrément peur. Le Joker était en tête d’ailleurs. Dans The Dark Knight j’ai retrouvé cette ambiance pesante avec un Joker totalement psychopathe dont on se refuse d’expliquer l’origine. Je ne souhaite pas faire de comparaison Heath Ledger/Jared Leto puisque ce n’est pas le sujet et qu’il appartient à chaque acteur d’interpréter son personnage comme il le ressent. Mais dans Suicide Squad, ne réduire le Joker qu’à un gangster déséquilibré qui cherche à libérer sa femme, c’est à la limite de l’affront. Jared Leto est à Suicide Squad ce que Monica Bellucci était à Matrix 2 : un nom en tête d’affiche et une campagne de promo outrancière sur le personnage pour au final à peine 5 minutes à l’écran. De plus, le travail de l’acteur est totalement bafoué dans un découpage de ses apparitions effectué à la machette. Dans une scène, on voit son regard partir en vrille et la performance prendre forme avant de repartir sur un autre récit, anéantissant tout espoir d’apprécier le jeu d’acteur et de comprendre sa vision du personnage. Entre promesse de présence non tenue, sabotage du jeu d’acteur et réduction à un amoureux en quête de sa belle, le mythe du Joker ressort totalement anéanti.

 

Alors non le film n’est pas un navet. Les scènes d’actions sont plutôt bien, les effets spéciaux passent bien à l’image, la bande son est efficace. Et heureusement, HEUREUSEMENT Margot Robbie est là pour sauver le navire avec une interprétation plus que convaincante d’Harley Quinn. Je le regarderai à nouveau lors de sa sortie Blu-ray, c’est un bon divertissement qui se regarde avec une bonne dose de popcorn et qui peut à certain moment arracher un sourire (on est loin de l’humour distillé des Marvel cependant). Mais l’abandon du parti « 100% méchants », la ridiculisation du Joker et la tentative de réorienter le film vers un Avengers (d’ailleurs dans une réplique Will Smith a l’air d’y faire une sacré référence) desservent totalement Suicide Squad. Un film qui navigue entre deux eaux sans jamais trouver son port, bien loin des promesses auxquelles on a pu croire pendant un an.

 

Et vous avez-vous vu ce film ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

La fiche du film
Date de sortie : 03/08/2016
Réalisateur : David Ayer
Distributeur : Warner Bros.
Casting : Will Smith, Margot Robbie, Joel Kinnaman, Viola Davis, Jai Courtney, Jared Leto …
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Faut-il avoir honte d’aimer « Fast and Furious » ?

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Quand le premier Fast and Furious est sorti j’avais 13 ans (aïe …), les garçons au collège ne parlaient que de ce film. J’avais vu la bande annonce, ça ne m’intéressait pas plus que ça, je ne suis pas allée le voir. J’ai grandi, les autres volets sont sortis et étaient pour moi des films pour gars surexcités sans réelle cohérence cérébrale avec une bouteille de Desperados greffée à la main et un filet de bave sur le coin de la bouche. Oui, l’avis d’une jeune femme de 18 ans en quête d’identité intellectuelle est parfois très net. J’ai fini par en regarder un : Tokyo Drift. C’est encore pire que ce que je pensais, c’est relativement indigeste. Oui, j’ai regardé jusqu’à la fin, mais je me sens si coupable d’une telle bassesse que je me braque d’autant plus. Emballez c’est pesé, je ne remettrai jamais mon nez dans ce truc.

Et puis un jour on annonce la sortie de Fast and Furious 5 au cinéma. Mon chéri se dit intéressé. Je suis plus mature et plus ouverte à ce qu’on appelle dans le monde artistique « la culture de masse », mais quand même j’ai des limites : je ne comprends pas son enthousiasme. Il essaie de me convaincre et finalement arrache mon accord pour regarder les 4 premiers opus ensemble. Quelques heures plus tard : Houston, on a un problème, j’ai chopé le virus FF, je ne saurais pas réellement vous dire pourquoi ni comment. Et pourtant, mon cerveau répond toujours, je n’aime pas plus la Despé qu’avant et aucun filet de bave à l’horizon. Nous voilà dans de beaux draps …

Nous sommes allés voir le 5, puis le 6. J’ai adoré ce dernier opus et la scène du générique avec Jason Statham m’a fait trépigner d’impatience pour la suite. Et quand quelques mois plus tard j’ai appris que Paul Walker venait de trouver la mort dans une voiture lancée à toute vitesse (ironie de la vie bonjour), j’ai eu un gros pincement au cœur. J’avais d’autant plus hâte de découvrir Fast and Furious 7 qui avait donc deux buts : poursuivre la série et rendre hommage à un « frère » disparu.

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Nous avons tant bien que mal résisté une semaine pour aller voir le dernier film, sorti le 1er avril, afin d’éviter la cohue attendue et bel et bien là. Car quoi qu’on en dise les films marchent et ma génération a en partie grandit avec, les critiques sont loin d’être mauvaises (parfois même dithyrambiques) et le décès de Paul Walker pendant le tournage a ajouté une aura particulière au 7ème opus de la série. Je pense que je vais étonner mais j’ai moins aimé ce film que les deux derniers. C’est toujours aussi impressionnant, les scènes d’actions sont superbes, l’histoire est toujours là et ça reste un film très agréable à regarder. Mais j’ai trouvé que le film se perdait un peu dans la tentative, certes louable et indispensable, de rendre hommage à Paul Walker tout le long. Les clins d’œil à l’esprit des premiers films (nouveau réalisateur oblige) sont trop gros, l’humour est moins percutant et la trame principale a du coup un peu perdu en profondeur. Mais j’imagine aussi le mal fou qu’ont dû avoir les membres de l’équipe pour non seulement faire face au décès de l’un des leurs mais en plus rattraper un scénario à moitié mis sur « pellicule » afin d’obtenir un film cohérent tout en gardant le disparu à l’image. Sincèrement, ils s’en sortent très bien malgré tout et j’attends la suite avec impatience.

Vous l’aurez compris, j’aime Fast and Furious et non, je n’en ai pas honte. Je remercie même mon chéri de m’avoir à un moment forcé la main. Fast and Furious est une franchise qui n’a jamais eu la prétention d’être intellectuellement recherchée. Plutôt que d’en faire un complexe d’infériorité et d’essayer de s’en sortir tant bien que mal, les producteurs, scénaristes et réalisateurs ont pris le contre-pied : tant qu’à faire, allons-y à fond. Grosses voitures multicolores, hyper chromées et super puissantes : CHECK ! Scénario sans fioriture : CHECK ! Humour gras et décalé : CHECK ! Discours exacerbé sur l’esprit de famille, cascades invraisemblables, « folklore » de filles quasiment à poil pendant les courses et bastons « je me prends des coups de bonbonne de gaz dans la tronche et je m’en sors sans même une ride » : CHECK ! Mélangez tout ça avec un peu d’huile de moteur et de liquide de frein, vous obtenez un succès international, des millions de dollars de recettes, 7 films qui tiennent la route et d’autres à venir. Parce que contre toute attente, ça marche. Parce qu’on en prend plein les yeux, parce que l’histoire est attachante et à rebondissements, parce qu’en ce moment on a besoin de voir la tendresse des liens d’une famille au sens large, parce que quand Vin Diesel et Dwayne Johnson sourient on a envie de leur faire un bisou (si si, je vous jure !).

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Quant à la question que vous vous posez tous (ayez la gentillesse de ne pas me contredire s’il vous plaît) : ai-je pleuré à la fin du film ? Oui. J’ai essayé de faire en sorte que ça ne se voit pas trop, mais oui. La dernière scène est un magnifique hommage, un pont entre famille de fiction et famille réelle dont on ne distingue pas les frontières. Et c’est certainement la seule chose sur laquelle Fast and Furious n’exagère pas.

Et vous, que pensez-vous de Fast and Furious ?